
Un sinus pilonidal est un kyste sacrococcygien. Il se traduit par la présence d’un kyste, d’une douleur ou d’un écoulement au niveau du sillon interfessier. L’origine est incertaine, probablement acquise, expliquée par l’accumulation de débris de poils dans le pore d’un follicule pileux. Une origine congénitale (malformative) est aussi évoquée mais sans certitude.
Les facteurs de favorisants l’apparition de ces kystes sont :
Le sinus pilonidal peut être asymptomatique ou se manifester de deux manières. Une forme aiguë avec la survenue d’un abcès associé à d’importantes douleurs. Il est dans ce cas recommandé de réaliser une incision en urgence pour évacuer le pus puis il sera réalisé un pansement quotidien (méchage) jusqu’à cicatrisation complète.Une forme chronique responsable d’un écoulement sale (séropurulent) ou de sang par les fossettes du kyste. Il existe parfois de véritable trajet sous cutanée par lequel s'extériorise le liquide (trajet fistuleux).

En l’absence de symptôme, aucune prise en charge n’est nécessaire, ni surveillance car le risque de dégénérescence est plus qu’exceptionnel. Après un épisode de surinfection (abcès) ou en cas de forme chronique, il est recommandé de réaliser un traitement chirurgical.

Le traitement de référence est l’ablation ou la destruction complète du kyste. Elle se déroule au bloc opératoire et en ambulatoire.
Deux interventions sont réalisables : l’ablation du kyste peut être réalisée soit en réséquant le kyste soit par destruction à l’aide du fibre laser.
Avant et après ces interventions, il est indispensable d’arrêter la consommation de tabac (1 mois avant) car elle augmente le temps de cicatrisation et le risque de récidive.
L’ablation du kyste (exérèse à “ciel ouvert”)
L’intervention a lieu sous anesthésie générale et dure une dizaine de minutes. Elle consiste à réséquer l’ensemble du kyste et des tissus environnant . La plaie n’est pas refermée mais des pansements quotidiens (méchage) sont nécessaires pour obtenir une cicatrisation harmonieuse de la profondeur vers la superficie ( cicatrisation dirigée).
La destruction au laser du kyste
Il s’agit d’une nouvelle technique mini-invasive, innovante, permettant la destruction du kyste tout en évitant des soins de pansements lourds. Elle permet ainsi une reprise de l’activité professionnelle quelques jours plus tard. Elle a lieu sous sédation (anesthésie sans intubation oro-trachéale) et dure environ une quinzaine de minutes.
L'intervention consiste à retirer les débris/poils contenus au sein du kyste pour cela il est réalisé des petites incisions (1cm) en regard des pertuis du kyste ou du trajet fistuleux. Dans un second temps, la cavité du kyste est détruite à l’aide de la sonde laser qui est passée au sein des incisions faites.

Exérèse à "ciel ouvert"
Des soins quotidiens avec méchage seront réalisés jusqu’à cicatrisation complète. Cette phase de cicatrisation dirigée dure habituellement plusieurs semaines et vous serez régulièrement revus en consultation. Un suivi coordonné avec vos infirmières à domicile est également organisé pour la livraison du matériel/pansements et la surveillance de la plaie.
Les risques liés à cette intervention sont principalement le risque d’hémorragie précoce liés à une chute d’escarre, la surinfection de la plaie et le retard de cicatrisation.
Le risque de récidive est évalué à environ 5%.
Traitement par fibre laser
Il est réalisé un pansement simple par les infirmiers en raison de possible écoulement pendant 15 jours. Un suivi coordonné avec vos infirmières à domicile est également organisé pour la livraison du matériel/pansements et la surveillance de la plaie.En l’absence d’écoulement aucun soins supplémentaires n’est à réaliser.
Cette intervention est peu douloureuse et la reprise de l’activité professionnelle est possible après quelques jours de repos (4-5 jours).
De votre côté, il vous sera demandé de réaliser un massage quotidien (idéalement sous la douche) du sillon interfessier. Ceci permettra de drainer la cavité mais aussi d’éviter l’accumulation de nouveau débris dans la plaie.
Les risques liés à cette intervention sont principalement le risque d’hémorragies, de sérome (écoulement liquidien clair), de surinfection
Le risque de récidive lié à cette technique est d’environ 5 à 15%. En cas de récidive, un nouveau traitement par laser peut vous être proposé